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	<title>Hubert Haenel</title>
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		<title>Hubert Haenel</title>
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		<item>
		<title>« Présentation des axes principaux du nouveau traité en évaluant sa capacité de renforcer la dimension humaine de l'Union »</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=157</link>
		<date>2008-11-15 18:00:00</date>
		<description>&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I. LES AXES PRINCIPAUX DU NOUVEAU TRAITÉ&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui complique un peu les choses lorsqu'on parle du traité de Lisbonne, c'est qu'il n'y a pas, comme à l'accoutumée, un seul terme de comparaison. D'habitude, pour comprendre un nouveau traité, on le compare aux traités en vigueur. On dit : voilà ce qui existe aujourd'hui, et voilà ce qui va changer. Il faut bien sûr faire cela pour évaluer le traité de Lisbonne, mais il y a aussi un deuxième terme de comparaison, qui est le traité « établissant une Constitution pour l'Europe », disons le « traité constitutionnel » pour faire plus simple. Il y a eu un référendum sur ce traité, les citoyens en ont discuté ; maintenant, ce texte est abandonné, un autre lui succède, et les citoyens veulent aussi savoir en quoi le nouveau traité est différent du traité constitutionnel qui a été rejeté il y a deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vais donc aborder successivement les deux questions :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; en quoi le traité de Lisbonne est il différent du traité constitutionnel ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; quels sont les changements par rapport aux traités en vigueur ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. LES MODIFICATIONS PAR RAPPORT AU TRAITE CONSTITUTIONNEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment se présentait la situation au printemps dernier ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dix huit États sur vingt sept avaient approuvé le traité constitutionnel. Deux l'avaient rejeté par référendum. Dans les sept autres pays, le processus d'approbation était suspendu : c'étaient le Danemark, l'Irlande, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Suède.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour élaborer un compromis, la présidence allemande a retenu la ligne suivante : gardons les grandes lignes du traité constitutionnel, mais tenons compte des préoccupations apparues dans les pays qui ont voté « non » ou qui ont interrompu le processus d'approbation du traité. Les modifications qu'apporte le traité de Lisbonne par rapport au traité constitutionnel expriment donc la prise en compte de ces préoccupations.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;• Dans plusieurs pays membres (Pays-Bas, République tchèque, Danemark, Royaume-Uni ...), le traité constitutionnel suscitait la crainte de voir apparaître un « super État » européen. Cette inquiétude a été prise en compte de plusieurs manières.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, on ne parle plus de « Constitution ». Le nouveau traité est dans la ligne des précédents : il modifie les textes en vigueur, sans essayer de les remplacer par un texte unique doté d'un statut plus solennel. On ne parle plus de « ministre des Affaires étrangères de l'Union », de « lois européennes », on ne mentionne plus les symboles de l'Union (le drapeau, l'hymne, la devise).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'une manière générale, on s'est attaché à éliminer tout ce qui évoquait l'idée de Constitution : c'est pourquoi la Charte des droits fondamentaux ne figure pas dans le corps même du nouveau traité : il y a simplement un renvoi à ce document.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'un point de vue purement juridique, cela ne change rien, et il en est de même des autres modifications que j'ai mentionnées. On ne parle plus de « Constitution », mais en fait il n'y en a jamais eu. En effet, le traité constitutionnel était un traité entre États, et non pas une véritable Constitution. On avait un peu brûlé les étapes en appelant « Constitution » un texte qui n'en était pas une. (À la base d'une Constitution, il y a un peuple, et l'unanimité n'est jamais nécessaire pour la réviser. Un traité est en accord entre États, qui ne peut être changé qu'à l'unanimité de ces mêmes États. Le traité constitutionnel appartenait bien à cette dernière catégorie).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, on revient donc à la terminologie antérieure. Juridiquement, je l'ai dit, cela ne change rien. Politiquement, ce n'est pas la même chose. Pourquoi avait on voulu appeler « Constitution » ce qui demeurait un traité ? C'est parce qu'on pensait franchir ensuite plus facilement l'étape suivante, qui aurait été l'adoption d'une Constitution en bonne et due forme, comme la Constitution des États Unis ou celle de l'Allemagne. De ce point de vue là, le traité de Lisbonne marque un coup d'arrêt. On revient à une vision plus pragmatique de la construction européenne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crainte de voir apparaître un super État européen est prise en compte, également, par les divers aspects du nouveau traité qui insistent sur l'interprétation stricte des compétences de l'Union. L'Union ne doit pas sortir de son rôle : ce principe est souligné à de nombreuses reprises. Et le nouveau traité insiste sur le principe de subsidiarité, selon lequel, en substance, l'Union ne doit intervenir que si elle est mieux placée que les États membres pour agir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Déjà, le traité constitutionnel avait mis en avant ce principe, en chargeant les parlements nationaux de veiller à son application. Les parlements nationaux pouvaient alerter la Commission européenne et lui demander de revoir un projet, s'ils le jugeaient contraire à la subsidiarité (ce qu'on appelait le « carton jaune »). Pour le même motif, ils pouvaient saisir la Cour de justice après l'adoption d'un texte (« carton rouge »). Tout cela est conservé par le traité de Lisbonne, mais il ajoute un troisième carton (« carton orange ») : si une majorité de parlements nationaux estime qu'un projet en discussion ne respecte pas la subsidiarité, alors on interrompt la discussion ; le Conseil des ministres doit voter sur le point de savoir si la subsidiarité est respectée, le Parlement européen doit faire de même, et si l'un ou l'autre donne raison aux parlements nationaux, le projet est abandonné.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous voyez que le nouveau traité fait beaucoup pour éviter que, à l'avenir, l'Union ne se montre trop envahissante, trop interventionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;• Une autre inquiétude est prise en compte par le nouveau traité, celle concernant l'élargissement de l'Union. On a bien vu dans les débats référendaires en France comme aux Pays Bas que le processus d'élargissement suscitait des appréhensions. Beaucoup de citoyens avaient l'impression qu'on était engagé dans un processus sans limite précise, ils craignaient la concurrence des nouveaux États membres sur le marché européen, qui risquait d'entraîner les standards sociaux vers le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les rassurer, le traité de Lisbonne introduit une référence aux critères d'adhésion qu'avait adoptés le Conseil européen en 1993 : démocratie, économie de marché viable, capacité à assumer les obligations qu'entraîne l'appartenance à l'Union, et « capacité de l'Union à assimiler de nouveaux membres tout en maintenant l'élan de l'intégration européenne ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre critique concernait l'orientation trop exclusivement « libérale » de la construction européenne (elle s'était exprimée notamment en France). Elle est prise en compte dans la reformulation des objectifs de l'Union (suppression de la « concurrence libre et non faussée », ajout de la « protection des citoyens » dans les relations de l'Union avec le reste du monde) et par de nouvelles dispositions garantissant le respect des exigences propres aux services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certaines préoccupations étaient plus spécifiques :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; les inquiétudes de la Pologne sur sa place dans le processus de décision sont prises en compte par un compromis (dont je vous épargne les détails) qui garantit la recherche de larges accords au sein du Conseil des ministres,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; face aux réticences de l'opinion britannique, la solution est recherchée dans une accentuation de la position particulière du Royaume-Uni (non application de la Charte des droits fondamentaux, extension de la participation « à la carte » en matière de justice et d'affaires intérieures, y compris pour le contrôle de la Cour de justice).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut signaler enfin qu'une faiblesse du traité constitutionnel est corrigée par le nouveau traité. Avec le traité constitutionnel, il était difficile dans certains cas de lancer des coopérations renforcées en matière de justice et d'affaires intérieures. (Les « coopérations renforcées », en substance, sont un dispositif qui permet à certains États membres d'avancer ensemble dans tel ou tel domaine dans le cadre de l'Union, tandis que ceux qui ne souhaitent pas avancer restent provisoirement à l'écart.) Le traité de Lisbonne facilite les coopérations renforcées en matière judiciaire et policière, par exemple pour la création d'un Parquet européen qui serait à mon avis une grande avancée vers un véritable espace judiciaire européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est à chacun, naturellement, de porter un jugement sur la portée de ces changements. Il est clair que l'essentiel du traité constitutionnel est maintenu. Il est clair aussi que ce n'est pas le même traité : d'ailleurs, le Conseil d'État néerlandais - qui est un peu l'équivalent à la fois de notre Conseil constitutionnel et notre Conseil d'État - a estimé que le nouveau traité était « substantiellement différent » du traité constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est ce que cela suffit à justifier l'abandon de la procédure référendaire pour son approbation ? Certains disent : c'est presque le même traité, et seul un second référendum pourrait revenir sur le premier. Chacun appréciera. Je voudrais pour ma part faire deux remarques :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; d'abord, le président de la République s'est très clairement prononcé, durant la campagne présidentielle, pour une ratification parlementaire, alors que ses deux principaux concurrents se prononçaient, quant à eux, pour un référendum ; donc, les électeurs ont voté, en connaissance de cause, pour un candidat hostile à un nouveau référendum. Cela donne tout de même une légitimité au choix de la procédure parlementaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; ensuite, nous devons être conscients du risque que représenterait un nouveau référendum en France. On ne peut être sûr que le « oui » l'emporterait, même si cela paraît probable. Et surtout, cela rendrait presque inévitable un référendum au Royaume-Uni, où un succès du « oui » serait pour le moins incertain. Nous aurions toutes les chances d'aller vers une nouvelle crise. L'Europe n'en a pas besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. LES MODIFICATIONS PAR RAPPORT AUX TRAITES EN VIGUEUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'en viens maintenant aux principaux changements qu'apportera le traité de Lisbonne par rapport aux textes en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils sont importants sur le plan institutionnel. Le point le plus saillant est l'augmentation des pouvoirs du Parlement européen, mais d'autres changements sont de grande portée : personnalité juridique de l'Union, présidence stable du Conseil européen, mise en place d'un haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et la sécurité, nouvelle composition de la Commission européenne (ce qui n'est pas l'aspect le plus convaincant du traité), nouvelles règles pour la majorité qualifiée au Conseil, renforcement du contrôle de la Cour de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut également souligner l'accroissement du rôle des parlements nationaux par la mise en place du contrôle de subsidiarité, dont j'ai déjà parlé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le plan des politiques, les changements sont également importants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le cas, tout d'abord, en matière de justice et d'affaires intérieures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité élargit le champ de la coopération judiciaire en matière civile comme en matière pénale, renforce les rôles d'Europol et d'Eurojust, et prévoit la mise en place progressive d'un système intégré de gestion des frontières extérieures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Surtout, les conditions d'adoption des textes dans ces matières sont revues. Alors que l'espace de liberté, de sécurité et de justice était jusqu'à présent régi en partie par des procédures intergouvernementales, il est désormais régi, sauf exception, par la procédure de droit commun où le Conseil vote à la majorité qualifiée, le Parlement européen dispose d'un pouvoir de codécision, et les actes sont soumis au contrôle de la Cour de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité fait de la reconnaissance mutuelle des décisions le principe de base de la coopération judiciaire, tant en matière civile qu'en matière pénale. Dans cette optique, le Conseil peut mettre en place un mécanisme d'« évaluation mutuelle » de l'application par les États membres des politiques de l'Union en matière de justice et d'affaires intérieures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le changement est également important pour l'action extérieure et la défense.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La politique commerciale commune devient une compétence exclusive de l'Union et le vote à la majorité qualifiée est généralisé, à l'exception de deux domaines : les services culturels et audiovisuels, et les services sociaux, d'éducation et de santé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les politiques de coopération au développement et d'aide humanitaire, les mesures sont désormais adoptées, selon la procédure de droit commun, en codécision avec le Parlement européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La politique étrangère et de sécurité commune est profondément réformée par la mise en place de la présidence stable du Conseil européen, par la création du haut représentant de l'Union et par l'attribution de la personnalité juridique à l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité prévoit un développement important de la politique de sécurité et de défense commune, avec :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; un élargissement des missions : aux missions actuelles (dites « de Petersberg ») s'ajoutent le désarmement, le conseil en matière militaire, la stabilisation à la fin des conflits, et la lutte contre le terrorisme y compris sur le territoire d'États tiers ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; une clause de défense mutuelle et une clause de solidarité antiterroriste ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; le lancement d'une « coopération structurée permanente » entre les États qui souscrivent certains engagements (participation à des programmes d'équipement, mise à disposition de forces) ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; la création d'une agence d'armement, l'« Agence européenne de défense » (qui a déjà été mise en place par anticipation).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, des évolutions significatives concernent la gouvernance économique et sociale :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; attribution de nouvelles compétences à l'Union en matière de santé publique, d'espace, de recherche, d'énergie, de protection civile, de tourisme, de sport ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; mise en place d'une organisation spécifique de la zone euro : le Conseil des ministres des finances (« Ecofin ») reste le seul lieu où se prennent les décisions relatives à l'union économique et monétaire, mais, pour les mesures de coordination des disciplines budgétaires et des politiques économiques propres aux États membres dont la monnaie est l'euro, seuls les représentants de ces États prennent part au vote ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; garantie des services d'intérêt général : une directive européenne pourra définir les principes et conditions, notamment économiques et financières, leur permettant d'accomplir leurs missions.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Même en se limitant aux aspects les plus marquants, on voit que le nouveau traité représente une évolution profonde : un grand nombre d'aspects de la construction européenne sont transformés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne souscris donc pas, pour ma part, aux analyses qui le présentent comme un traité « modeste ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le reste, naturellement, un traité est avant tout un cadre. Il sera, en grande partie, ce que les institutions européennes en feront.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une chose me paraît certaine : si ce traité est adopté, il n'y aura pas de nouveau traité d'ordre institutionnel avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sera d'autant plus possible que le traité de Lisbonne contient des éléments de souplesse. Il contient des clauses permettant d'adapter les traités sans avoir à passer par une procédure de révision.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque, dans le cadre des politiques communes, il est prévu que le Conseil des ministres décide à l'unanimité, le Conseil européen statuant à l'unanimité peut autoriser le passage au vote à la majorité qualifiée (sauf dans le cas des décisions ayant des implications militaires ou relevant du domaine de la défense). De même, dans les quelques domaines où le Parlement européen n'a pas encore un pouvoir de codécision, le Conseil européen statuant à l'unanimité peut décider que la procédure de codécision s'appliquera. (Toutefois, dans les deux cas, la décision ne peut entrer en vigueur que si aucun parlement national n'a fait connaître son opposition dans un délai de six mois).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, dans certains domaines particuliers, le Conseil européen ou le Conseil des ministres peut, à l'unanimité, décider d'appliquer le vote à la majorité qualifiée et la procédure de codécision, cette fois sans que les parlements nationaux aient un droit d'objection. Ces domaines sont (voir memo joint) : le cadre financier pluriannuel de l'Union ; certaines mesures concernant la politique sociale, l'environnement, la coopération judiciaire en matière de droit de la famille ; certains décisions de politique étrangère.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Grâce à ces souplesses, on peut espérer reporter une nouvelle révision des traités à un avenir relativement lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est plus que temps, en effet, de se concentrer davantage sur le contenu des politiques communes et sur les grandes questions comme la croissance et l'emploi, le développement durable, l'élargissement...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne devons pas oublier les leçons des référendums en France et aux Pays Bas. C'est en montrant qu'elle est efficace, qu'elle donne des résultats correspondant aux attentes des citoyens, que la construction européenne retrouvera un soutien plus large et plus solide. Plus tôt nous sortirons du débat institutionnel, plus tôt nous pourrons passer aux autres questions.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II. LE RENFORCEMENT DE LA « DIMENSION HUMAINE » DE L'UNION&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aborde maintenant le renforcement, par le nouveau traité, de la « dimension humaine » de l'Union. C'est un terme très général, sous lequel on pourrait regrouper beaucoup d'aspects. Je voudrais mentionner les deux qui me paraissent les plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. LE SENS DU PROJET EUROPEEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau traité précise davantage le sens du projet européen. Un aspect qui me paraît à cet égard essentiel, c'est la consécration de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ce texte met en évidence les valeurs communes qui fondent la construction européenne. Il est pour l'Union un peu ce que la Déclaration de 1789 est pour la France. On ne peut pas cimenter les Européens seulement avec une monnaie et des institutions. Avec la Charte des droits fondamentaux, la construction européenne s'appuie sur un socle commun de principes essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le nouveau traité - comme le prévoyait le traité constitutionnel - donnera à ces principes une pleine force juridique. Être citoyen de l'Union aura une vraie signification.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre aspect important, cette fois sur un plan symbolique, c'est la reconnaissance des héritages européens, héritages « culturels, humanistes et religieux ». L'Europe vit aujourd'hui une incertitude sur son identité. Être Européen, qu'est-ce que cela veut dire ? Avec la reconnaissance des héritages communs, qui va figurer en tête des traités européens, nous aurons un élément de réponse à cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour en souligner l'importance, je voudrais faire une comparaison avec la France. Au début de la IIIème République, la France connaissait, comme l'Europe d'aujourd'hui, une crise d'identité. Nous avions essayé en quelques décennies tous les régimes politiques. Nous venions de perdre une guerre contre la Prusse. La Commune de Paris venait de mettre à jour l'étendue de nos dissensions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc dans ce contexte que Renan avait prononcé sa célèbre conférence : « Qu'est-ce qu'une Nation ? » Il se demandait en fait : qu'est-ce que cela signifie d'être Français, alors que tous nos repères semblent vaciller ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On retient seulement la fin de sa réponse, sa formule selon laquelle « la nation est un plébiscite de tous les jours ». Mais il faut regarder l'ensemble de son propos.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce « plébiscite de tous les jours » ne sort pas de rien. Ce que dit Renan, c'est qu'une Nation, ce sont des souvenirs communs, un passé commun qu'il faut assumer, et c'est la volonté de continuer ensemble en acceptant cet héritage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mutatis mutandis, c'est une formule de même esprit qui se trouvera au début des traités. L'Europe est fondée sur la volonté commune des États membres, mais cette volonté commune s'appuie sur des héritages culturels, humanistes, religieux, que nous assumons et dont nous voulons porter plus loin les meilleurs aspects. L'Europe, ce n'est pas une société anonyme pour faire ensemble des affaires. C'est un engagement profond des pays membres, la reconnaissance d'un destin partagé. Nous avons ainsi, avec le nouveau traité, des éléments de réponse à la question de l'identité européenne, du sens du projet européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. LES ASPECTS SOCIAUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On met surtout l'accent, à juste titre, sur le contenu institutionnel du nouveau traité. On souligne moins sa portée dans le domaine social, qui est pourtant loin d'être négligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité de Lisbonne redéfinit les objectifs de l'Union, qui comprennent désormais de nombreux objectifs sociaux : plein emploi et progrès social, lutte contre l'exclusion sociale et les discriminations, promotion de la justice sociale et de la protection sociale, solidarité entre les générations, égalité hommes/femmes, protection des droits de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, la Charte des droits fondamentaux, désormais contraignante, (sauf pour la Grande-Bretagne) reconnaît de nombreux droits sociaux : droit à l'éducation, droit à l'information et à la consultation des travailleurs au sein de l'entreprise, protection en cas de licenciement injustifié, droit de négociations et d'actions collectives... Ces droits seront donc garantis par les juges nationaux et communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une clause sociale « horizontale », c'est-à-dire applicable à toutes les politiques de l'Union, est également insérée. Elle impose la prise en compte des « exigences liées à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion sociale ainsi qu'à un niveau d'éducation, de formation et de protection de la santé humaine », et cela dans la définition et dans la mise en &#339;uvre de l'ensemble des politiques de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité prévoit également la possibilité pour le Conseil, statuant à l'unanimité, d'introduire le vote à la majorité qualifiée dans un certain nombre de domaines pour l'instant maintenus à l'unanimité :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; la protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; la représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs et des employeurs, y compris la cogestion ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; les conditions d'emploi des ressortissants des pays tiers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les mesures concernant les prestations sociales pour les travailleurs migrants passent, quant à elles, au vote à la majorité qualifiée, sous réserve d'une clause d'appel au Conseil européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, comme je l'ai déjà signalé, un protocole sur les services publics est annexé au traité. Ce texte est très important, car jamais les traités européens n'étaient allés aussi loin dans la reconnaissance des exigences propres aux services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voit que le contenu social du traité de Lisbonne n'est pas mince ; on peut même dire qu'on y trouve l'esquisse d'une réorientation de la construction européenne dans un sens plus social.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je termine mon propos sans tirer de conclusions. Mon rôle était d'introduire le débat, non de porter un jugement catégorique. Mais on aura compris que je considère le traité de Lisbonne comme un très bon compromis.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-11-15T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=179</link>
		<date>2008-06-17 19:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
En règle générale, les révisions ont porté jusqu'à présent sur des aspects précis de la Constitution. Nous sommes saisis, cette fois ci, d'un ensemble de modifications entre lesquelles le lien n'est pas toujours évident.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une série de dispositions forment toutefois un ensemble cohérent : ce sont celles qui atténuent le parlementarisme rationalisé que la Ve République, effectivement, avait par réaction poussé très loin. C'est une affaire dans laquelle il nous faut faire preuve de beaucoup de discernement. Laisser plus d'espace aux assemblées pour remplir leurs fonctions de législation et de contrôle est un rééquilibrage utile. C'est d'ailleurs l'intérêt bien compris du Gouvernement que d'avoir face à lui un Parlement actif et vigilant. Mais une Constitution ne doit pas être conçue seulement pour les temps ordinaires : elle doit aussi permettre de faire face aux circonstances extérieures et intérieures les plus difficiles, et aux situations politiques les plus diverses. Dans cette optique, un point essentiel me paraît être de ne pas trop encadrer l'usage de l'article 49 3. Si on me permet une comparaison médicale, je dirai que cette disposition ressemble aux antibiotiques : il ne faut pas en abuser, mais on ne peut savoir par avance les cas où ils sont indispensables. La position adoptée par la commission des Lois me paraît donc empreinte de sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet de révision contient par ailleurs diverses dispositions qui ne se rattachent pas directement au rôle du Parlement dans nos institutions. Ne pouvant les aborder toutes, je voudrais m'en tenir à deux, qui me paraissent poser des questions de principe importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, la composition du Conseil supérieur de la magistrature a suscité un vif débat à l'Assemblée nationale, qui se poursuit encore aujourd'hui. C'est un débat récurrent, très lié - et peut être trop - à des mouvements d'opinions suscités par telle ou telle affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que la méfiance s'abatte sur le monde politique, et rien n'est de trop pour rassurer le public sur l'indépendance des juges. Mais que la justice échoue spectaculairement dans sa mission, et l'opinion s'indigne que les responsables ne semblent pas avoir à rendre de comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour sortir de tels débats, il faut, me semble t il, revenir à quelques principes de base. Je me réserve, d'ailleurs, d'intervenir le moment venu sur cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, l'indépendance du juge ne signifie pas qu'il appartient à un ordre privilégié. Elle n'est pas un fin en soi, mais un moyen pour que la justice soit rendue de manière impartiale. C'est cette exigence qui est le véritable but. C'est pourquoi l'indépendance du juge n'est pas seulement son indépendance à l'égard du pouvoir politique ou des intérêts économiques. Elle est aussi - et peut être surtout - une indépendance à l'égard de ses propres préjugés, de ses propres choix politiques ou syndicaux, voire de ses tentations médiatiques. Il ne suffit pas que le juge soit indépendant du pouvoir politique pour qu'il juge bien. Notre but doit être aussi de l'inciter à toujours se remettre en question. Nous n'y arriverons pas en faisant de la magistrature une tour d'ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux magistrats du parquet, dont la fonction est de mettre l'action publique en mouvement, il serait contraire aux principes républicains de couper dans leur cas tout lien avec le pouvoir politique, car ce serait leur confier des choix politiques sans qu'ils soient élus ni responsables. Quelle serait leur légitimité ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Evitons de faire de la magistrature une sorte de corps séparé de la société, ne rendant de comptes qu'à lui même. Non seulement ce ne serait pas justifié, mais ce serait un mauvais service rendu aux magistrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sauf à minorer son rôle, le CSM ne saurait être une variété de Comité technique paritaire. La composition retenue par votre Commission reflète donc bien le rôle particulier, spécifique et éminent donné au CSM.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut accepter le procès en légitimité qui est fait par certains sur ce thème. En quoi les non magistrats, nommés par les plus hautes autorités de l'État républicain, seraient ils moins légitimes que des magistrats élus sur des listes syndicales, puisque c'est de cela qu'il s'agit ? Que les formations proprement disciplinaires du CSM soient composées à parité, soit, mais ce serait une erreur d'ailler plus loin. Ce ne serait pas rehausser l'image de la magistrature que d'en donner l'image d'une corporation réglant elle même ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seconde question de principe que je souhaite aborder concerne le référendum obligatoire sur la Turquie. C'est une question de principe, car dans une Constitution républicaine, il ne peut y avoir de disposition ad hominem et pas davantage de disposition ad nationem. Viser un pays précis, sous une formulation qui ne trompe personne, c'est abandonner la généralité de la loi qui est au c&#339;ur de l'idée républicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut être conscient, au demeurant, de la manière dont est perçu ce débat en Turquie. Je m'y trouvais en mission avec Robert del Picchia lors du vote de l'Assemblée nationale. Alors que, lors de nos déplacements précédents, nous avions discuté des relations entre la Turquie et l'Europe, cette fois ci nos interlocuteurs en revenaient toujours aux relations entre la Turquie et la France. Ils ne pouvaient admettre qu'un pays ami et allié introduise dans sa loi suprême une disposition qui les discrimine. Imaginons un instant que ce procédé soit employé à notre égard par tel ou tel pays. Quelle serait notre réaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je soutiens donc totalement la position de notre commission des affaires étrangères qui propose de revenir au texte initial du projet de révision.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne s'agit pas, je le précise, de savoir si l'on est pour ou contre l'adhésion pleine et entière de la Turquie à l'Union. C'est une décision qui, si elle est à prendre, ne le sera pas avant dix ans. Nul ne sait où en sera l'Europe et où en sera la Turquie à ce moment là. L'unique question qui se pose à nous aujourd'hui, c'est de savoir si nous voulons faire figurer dans notre Constitution, dans le recueil de nos principes de base, une disposition qui stigmatise un pays précis, au demeurant partenaire et allié de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne peux conclure sans évoquer un instant les dispositions du projet qui concernent le traitement des affaires européennes. En l'occurrence, je ne vois rien à changer du texte adopté par l'Assemblée nationale, mis à part la rédaction maladroite de l'article 88 6 qui n'a pas échappé à la sagacité de notre commission des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une divergence terminologique risque toutefois d'opposer les deux assemblées. L'organe chargé des affaires européennes doit il s'appeler « commission » ou « comité » ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À vrai dire, l'important me paraît être qu'on change enfin le nom des délégations, incompréhensible par nos partenaires. Pour donner un exemple, j'ai reçu il y a deux semaines un courrier du Parlement européen adressé à « Hubert Haenel, délégué du Sénat auprès de l'Union européenne ». La personne qui m'écrivait a dû se demander pourquoi mon adresse n'était pas située à Bruxelles !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelle que soit la solution retenue, elle sera un progrès. Et pour mettre les choses au net, je voudrais souligner qu'il n'est nullement question que l'organe chargé des affaires européennes, quel que soit son nom, empiète sur les compétences législatives des commissions permanentes. Les traités européens, comme les autres traités, doivent rester de la compétence de la commission des affaires étrangères ; et la transposition des directives doit rester du ressort de la commission compétente au fond.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces principes posés, il restera, lors de la révision du règlement du Sénat et de la loi qui régissait les délégations, à définir la bonne articulation entre l'organe européen et les commissions permanentes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devrons le faire en nous efforçant d'avoir un dispositif efficace, et qui tienne compte de la spécificité des questions européennes. Le Sénat a un rôle important à jouer en matière européenne et il doit se mettre en état de le remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous venons d'en avoir une fois de plus la preuve, un fossé s'est creusé entre les opinions publiques et l'Europe. Les parlements nationaux ont une responsabilité essentielle pour aider à le combler. Et le Sénat ne doit pas se dérober devant la part qui lui incombe. C'est une exigence qui devrait l'emporter sur toute autre considération. Et je fais confiance à notre assemblée - j'espère que je ne serai pas déçu - pour s'orienter dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-17T17:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
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		<title>Toutes les interventions en séance publique</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=32</link>
		<date>2008-06-17 16:00:00</date>
		<description></description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-17T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Déclaration du Gouvernement suivie d'un débat sur le Conseil européen des 18 et 19 juin 2008 et sur la présidence française de l'Union européenne</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=177</link>
		<date>2008-06-17 14:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Nous savons aujourd'hui que le contexte politique sera lui aussi défavorable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après tous les efforts déployés pour repartir sur une bonne base, le « non » des Irlandais est un vrai coup dur. Faut-il critiquer les dirigeants irlandais d'avoir pris ce risque ? En réalité, ils n'y sont pour rien ! La Constitution irlandaise les obligeait à recourir au référendum ; au passage, cela devrait d'ailleurs faire réfléchir chez nous les partisans du référendum obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne cédons pas, non plus, à la tentation de faire la leçon aux électeurs irlandais : nous sommes particulièrement mal placés pour le faire !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ne nous lançons pas dans des constructions imaginaires où l'on voudrait plus ou moins pousser l'Irlande vers la sortie, ou bien appliquer le traité sans elle. La révision des traités exige l'unanimité : pour abandonner cette règle, il faudrait préalablement un accord unanime. Et le traité de Lisbonne est avant tout un traité sur les institutions : or, en matière d'institutions, on ne peut pas faire de la géométrie variable. On ne peut pas dire que les ministres irlandais au Conseil, ou les députés irlandais au Parlement européen, vont appliquer le traité de Nice tandis que les autres appliqueraient le traité de Lisbonne. Cela ne tient pas debout !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, pour sortir cette nouvelle crise, il n'y a guère que deux voies possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première est de poursuivre la ratification dans les huit pays qui ne se sont pas encore prononcés. Si tous ratifient le traité de Lisbonne, nous pourrons alors reprendre le dialogue avec l'Irlande, et voir comment le Conseil européen pourrait prendre des engagements susceptibles de rassurer les électeurs irlandais et de les faire changer d'avis. À ce moment-là, à condition de laisser un peu de temps au temps, il pourrait y avoir un nouveau vote. IC'est ce qu'il faut espérer, car nous avons besoin du traité de Lisbonne. Et il y a des précédents : c'est une solution possible lorsqu'un seul pays a dit « non ». Tous les autres peuvent alors se trouver vers lui et lui dire : « Voulez-vous vraiment, à vous seul, bloquer les progrès voulus par tous les autres ? »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, en l'occurrence, ce ne sera pas une solution facile. D'abord, il faut une justification pour un nouveau vote. Dans le cas du Danemark, en 1992, le résultat avait été extrêmement serré. Dans le cas de l'Irlande en 2001, la participation avait été très faible. Or, cette fois-ci, la participation a été relativement élevée (54 %) et le résultat a été relativement clair (53 %). Il ne sera pas facile de renverser la tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, nous ne savons pas encore si le « non » irlandais sera sans conséquence en Grande-Bretagne et surtout en République tchèque. Le Conseil européen va sans doute nous donner des indications, mais aujourd'hui nous n'avons pas de certitude.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cas d'échec, il resterait une autre voie possible : ce serait de mettre quelque temps au second plan le débat institutionnel qui agite l'Europe depuis douze ans, et à prendre une attitude plus pragmatique. Après tout, les progrès possibles de la construction européenne ne sont pas tous suspendus à des changements institutionnels. Et nous ne devons pas chercher nécessairement, dans une Europe de vingt-sept membres, à avancer tous de la même manière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenons l'exemple de la défense. Quand nous nous sommes mis d'accord, au sein de la Convention, sur l'idée de créer une agence européenne d'armement, les États se sont rendus compte que rien n'interdisait de créer d'ores et déjà cette agence. C'est ainsi que l'Agence européenne de défense a été lancée sans attendre la révision des traités. Et si, demain, certains États veulent aller plus loin dans la coopération en matière de défense, on voit mal ce qui pourrait les empêcher de le faire. Tandis que si nous voulons absolument avancer à vingt-sept, nous aurons toujours des difficultés à faire travailler ensemble, par exemple, une Irlande farouchement attachée à sa neutralité - ce qui est respectable - et ceux qui veulent construire un pilier européen de l'Alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation n'est pas différente en matière de justice et d'affaires intérieures. Les accords de Schengen, puis plus récemment le traité de Prüm, ou encore l'interconnexion des casiers judiciaires, ont montré qu'il fallait savoir avancer à quelques-uns pour faire bouger les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, qu'on le veuille ou non, dans l'Europe à 27, nous ne ferons de vrais progrès dans l'intégration qu'en acceptant une certaine différenciation. Toutes les possibilités d'action commune dans le cadre actuel sont loin d'avoir été épuisées. Et lorsqu'il y a une réelle volonté d'agir chez un nombre significatifs d'États, l'expérience montre qu'on finit toujours par trouver une formule pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut donc pas céder au découragement. L'idée européenne n'est pas morte à Dublin. J'espère et je crois que nous trouverons avec les Irlandais une solution pour sauver le traité de Lisbonne, mais si par malheur ce n'était pas le cas, il ne faudrait pas tirer le rideau sur l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La construction européenne n'a jamais été une marche triomphale. Nous avançons en terrain mouvant, sur des chemins non balisés. Mais le pire serait de s'asseoir en regardant le monde changer, et en renonçant à faire partie de ceux qui le façonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi les responsabilités de la présidence française vont se trouver encore accrues. Alors même que les obstacles s'accumulent, il va être encore plus nécessaire d'arriver à des résultats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puisque les citoyens doutent, il faut leur montrer que l'Europe est capable de se saisir des grands problèmes de l'heure et de contribuer à les résoudre. Nous devons dire à nos partenaires que, dans le contexte d'une crise concernant les institutions, l'Europe ne peut se permettre de stagner aussi quant au développement des politiques communes. Elle doit montrer son utilité et sa résilience en agissant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À cet égard, les priorités de la présidence française sont pertinentes. La crise énergétique, la crise alimentaire, le réchauffement climatique sont autant de domaines où la nécessité d'une action commune est évidente, de même que les questions d'immigration et d'intégration.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons continuer à avancer. Et nous devons aussi veiller sur les acquis de 50 ans de construction européenne, car certains sont menacés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense bien sûr à la politique agricole commune, qui se trouve à nouveau accusée de presque tous les malheurs de la planète, et d'abord de la crise alimentaire qui sévit actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est consternant d'entendre répéter un tel discours, à peu près inchangé depuis vingt ans, alors que ce que nous vivons aujourd'hui lui apporte, en réalité, un démenti complet.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que se serait-il passé si nous avions suivi ceux qui préconisaient de démanteler la PAC et d'abolir ce qui subsiste de la préférence communautaire ? La production agricole européenne aurait fortement chuté et, aujourd'hui, les consommateurs européens devraient se fournir sur le marché international. Cela entraînerait une hausse des prix mondiaux encore plus forte, dont les pays les moins avancés seraient les premières victimes. La crise alimentaire serait encore plus grave.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela me conduit à souligner que, quelles que soient nos affinités avec nos amis britanniques, il subsiste malheureusement sur certaines questions essentielles un fossé qui reste à combler. Il était utile de resserrer les liens avec Royaume-Uni, car en matière d'action extérieure et de défense, rien n'est possible sans lui. De même d'ailleurs, il était utile de se rapprocher des nouveaux États membres, avec qui, au-delà des malentendus, nous avons énormément en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ne voyons pas dans ces démarches justifiées une alternative possible au couple franco-allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ensemble franco-allemand - ou, pour dire les choses autrement, le « fondu enchaîné » franco-allemand - reste au c&#339;ur de l'Europe élargie. L'histoire comme la géographie lui donnent une capacité de synthèse et d'impulsion qui demeure irremplaçable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Même s'il y a inévitablement des hauts et des bas, nous devons garder le cap franco-allemand avec constance. C'est le meilleur moyen de faire en sorte que notre future présidence soit une présidence efficace et utile, ce dont l'Europe a absolument besoin aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-17T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Le Parlement de la Vème République et l'Europe »</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=176</link>
		<date>2008-06-11 18:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A. UNE MARGINALISATION INITIALE&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'à l'élection du Parlement européen au suffrage universel direct, c'est à dire jusqu'en 1979, aucun organe de l'Assemblée nationale ni du Sénat n'était chargé de suivre les travaux menés au sein des Communautés européennes. Certes, il existait un lien direct entre l'assemblée des Communautés européennes - qui avait pris le nom de Parlement européen - et le Parlement français, puisque les représentants français au Parlement européen étaient élus par l'Assemblée nationale et le Sénat parmi leurs membres. Mais ce lien n'entraînait aucun travail collectif et structuré à l'intérieur des assemblées françaises sur les questions européennes. Aucun contrôle parlementaire ne précédait la prise de décision par le Conseil des ministres. Même s'il l'avait souhaité, le Parlement français eût été hors d'état d'effectuer un tel contrôle car il ne disposait d'aucun élément d'information lui permettant de connaître, de comprendre ou de suivre les négociations au sein du Conseil des ministres qui était alors le seul véritable décideur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-delà même d'un manque de moyens, les assemblées paraissaient dépourvues de toute volonté d'intervenir dans le processus décisionnel communautaire. La plupart des parlementaires qui montraient leur intérêt pour la construction européenne et qui étaient attachés à ses progrès pensaient qu'une telle intervention n'aurait été conforme ni à l'esprit ni à la lettre des traités. Ils estimaient que, en ratifiant ces derniers, les États et leurs parlements avaient renoncé à l'exercice de leur souveraineté dans certains domaines et avaient admis la compétence des institutions communautaires. Ces parlementaires, soucieux de la cause européenne, ajoutaient que ces institutions avaient déjà suffisamment de difficultés pour parvenir à un accord et qu'une interférence des parlements nationaux dans la procédure communautaire ne pourrait être que de nature à les paralyser davantage. L'information et le contrôle ne s'exerçaient guère en conséquence que par l'audition du ministre des Affaires étrangères ou dans le cadre de débats d'orientation générale sur la politique européenne du gouvernement. Certes, le Parlement était amené à s'intéresser aux décisions européennes lorsqu'il lui fallait procéder à la transposition de directives. Mais les transpositions restaient en nombre limité à une époque où le nombre de directives adoptées par le Conseil des ministres était faible et où le domaine privilégié de celles ci restait le droit économique dont une bonne partie était considérée comme ressortissant au domaine réglementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette situation de retrait des assemblées françaises, qui résultait de l'absence de moyens comme de volonté d'agir, a perduré jusqu'à la fin des années quatre vingt. En effet, la création dans chaque assemblée d'une délégation pour les Communautés européennes, en 1979, n'a pas entraîné de changement important. Certes, la rupture du lien organique qui existait jusque là avec le Parlement européen avait paru justifier la création d'un organe chargé de suivre les travaux des institutions européennes. Mais la conjonction de ceux qui ne voulaient pas que le nouvel organe puisse gêner la construction européenne, et de ceux qui ne voulaient pas - par attachement à l'orthodoxie de la Ve République - qu'il puisse gêner le Gouvernement, a eu pour effet d'imposer une conception restrictive du rôle des délégations. L'absence de considération pour ces nouveaux organes, le caractère quelque peu académique des travaux qu'elles menaient, leur impossibilité de contraindre de quelque manière que ce soit le Gouvernement dont elles ne pouvaient même pas entendre les membres, et l'absence d'une véritable motivation des parlementaires pour un contrôle a priori des décisions communautaires se conjuguaient ainsi pour maintenir l'Assemblée nationale et le Sénat en marge du processus décisionnel européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;B. UNE EVOLUTION SIGNIFICATIVE&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation a commencé à changer à la fin des années 1980. Le flux des directives s'était considérablement accru du fait de l'introduction, par l'Acte unique, du vote à la majorité qualifiée au Conseil. Les intérêts économiques étaient amenés à alerter les parlementaires au sujet des modifications législatives qui allaient résulter des travaux communautaires. Les parlementaires ont pris conscience à cette occasion de leur marginalisation dans le processus décisionnel européen. Cette évolution des esprits a débouché sur la « loi Josselin » de 1990 qui a renforcé les compétences des délégations européennes et affirmé davantage leur place au sein des assemblées. C'est au même moment que les contacts interparlementaires ont commencé à s'intensifier, avec notamment la première réunion de la Conférence des organes spécialisés dans les affaires communautaires (COSAC) en 1989. Ces rencontres ont permis de constater que, dans un certain nombre d'États membres, des mécanismes permettaient au Parlement d'influer sur l'attitude du Gouvernement au sein du Conseil. Mais, en France, l'encadrement des compétences du parlement voulu par les auteurs de la Constitution de 1958 était tel que toute tentative pour aller dans cette voie nécessitait le vote d'une loi constitutionnelle. La révision constitutionnelle rendue nécessaire par la ratification du traité de Maastricht devait en fournir l'occasion et permettre, en 1992, l'introduction de l'article 88 4.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En accordant aux deux assemblées la possibilité d'adopter des résolutions sur les textes européens entrant dans le domaine de la loi, cet article ouvrait une petite brèche dans le parlementarisme rationalisé, puisqu'un des aspects de celui ci était l'interdiction des résolutions à l'intention du Gouvernement. La spécificité des affaires européennes se trouvait en même temps reconnue par la mise en place de cette procédure spécifique, excluant désormais de pouvoir assimiler les affaires européennes aux affaires étrangères. Et ces deux aspects étaient manifestement liés : admettre la nécessité d'un traitement particulier des questions européennes impliquait d'accepter une extension, même limitée, des pouvoirs du Parlement. Une illustration en fut donnée, deux ans plus tard, par l'introduction d'une « réserve d'examen parlementaire » inspirée du modèle britannique : une circulaire du Premier ministre prévoyait que les assemblées disposaient d'un délai d'un mois pour manifester l'intention d'adopter une résolution sur un texte européen ; le cas échéant, le Gouvernement devait, autant que possible, veiller à ce que la décision du Conseil soit retardée afin que cette résolution puisse être prise en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;C. LES DIFFICULTES DE MISE EN &#338;UVRE&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte tenu de la situation de départ, ces innovations ne pouvaient manquer de rencontrer des difficultés de mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première porta sur le champ d'application de l'article 88 4 de la Constitution. En raison d'une rédaction maladroite de cet article et de la volonté du Gouvernement d'en faire une lecture littérale et restrictive, l'ensemble des textes du deuxième et surtout du troisième pilier restaient hors de portée de l'adoption de résolutions. Paradoxalement, les textes touchant aux libertés publiques - coeur de la souveraineté parlementaire - ne pouvaient donner lieu à des résolutions. Ce n'est que lors d'une révision constitutionnelle ultérieure - en 1999 - que la question fut résolue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fallut aussi développer l'information des assemblées. Les progrès ont été constants en ce domaine, même si l'on peut regretter que, aujourd'hui encore, le Gouvernement ne fasse pas, à l'instar du gouvernement britannique, parvenir un mémorandum explicatif aux assemblées pour chaque projet de texte soumis au Parlement en application de l'article 88 4 : les « fiches d'impact simplifiées » que le Gouvernement transmet aux assemblées sont certes devenues, avec le temps, de plus en plus fréquentes, mais leur transmission n'a toujours pas de caractère systématique et s'effectue dans des délais variables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la difficulté la plus grande était d'intégrer dans la culture parlementaire nationale l'esprit de la nouvelle procédure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le principal objectif de celle-ci est un objectif d'influence. Le Parlement national, en application des traités européens, a perdu une part de sa compétence de législateur. Dans un certain nombre de domaines, c'est de ce fait le Gouvernement qui devient législateur à sa place, dans le cadre du Conseil de l'Union. Dès lors, la procédure de l'article 88 4 doit permettre à l'Assemblée nationale et au Sénat d'influer sur les positions prises par le Gouvernement dans l'élaboration de la législation européenne par le Conseil. Ce pouvoir d'influence est un substitut au pouvoir législatif qui échappe désormais au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, pour que cet objectif soit atteint, il faut que les parlementaires acceptent de se soumettre à des contraintes de temps très exigeantes. Ce n'est que s'ils interviennent au début du processus législatif européen qu'ils ont des chances de se faire véritablement entendre et de voir leurs préoccupations être prises effectivement en considération. D'après les traités, on pourrait croire que le temps laissé aux parlements nationaux est confortable. En effet, si la Commission transmet ses propositions en même temps au Parlement européen et au Conseil, la procédure commence par l'avis que rend le Parlement européen ; ce n'est qu'ensuite qu'intervient la position commune du Conseil, puis la « navette » entre ces deux institutions. On pourrait donc penser que les assemblées disposent - pour prendre position - de tout le temps qui s'écoule entre l'adoption de la proposition par le collège des commissaires et la réunion du Conseil au cours de laquelle ce dernier adoptera une « position commune ». Mais la réalité est tout autre. Dès que la Commission lui transmet une proposition, le Conseil commence à l'examiner au sein d'un groupe de travail. Et ce groupe va dès lors se réunir régulièrement, parfois chaque semaine. Il est en conséquence fréquent que les travaux au sein du Conseil soient beaucoup plus avancés que ceux du Parlement européen, car celui ci met souvent un mois et demi à deux mois pour déterminer sa commission compétente et nommer son rapporteur. Au sein des groupes de travail du Conseil, organes administratifs composés de fonctionnaires, un nombre important de dispositions du texte vont être d'ores et déjà arrêtées. Les points de discussion qui subsistent vont être transmis au COREPER, composé des représentants permanents ou des représentants permanents adjoints. Lorsque le Conseil est sur le point de se prononcer, les jeux sont déjà faits sur la plupart des points, les représentants de la France ont déjà fait connaître leur sentiment et ils peuvent difficilement de les amener à revenir sur des positions déjà exprimées. Or, aucune intervention extérieure ne vient rappeler aux parlementaires nationaux l'exigence d'intervenir le plus précocement possible. En pratique, cette situation a conduit à ce que nombre des résolutions ont été adoptées trop tardivement pour avoir une réelle influence sur le processus de décision.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces difficultés à s'insérer dans le calendrier européen expliquent sans doute pour beaucoup que la procédure de l'article 88 4 n'ait pas conquis une plus grande place dans l'activité du Parlement. Une pleine utilisation des potentialités de cette procédure supposerait des évolutions dans les méthodes de travail et les modes de pensée qui, jusqu'à présent, sont restées incomplètes. De ce fait, ce mode d'intervention du Parlement n'est pas parvenu à une totale crédibilité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce résultat relativement décevant a poussé les assemblées à mettre l'accent sur un autre vecteur possible d'influence, le développement des activités interparlementaires. L'insistance du Parlement français a été pour beaucoup dans l'adoption du protocole sur les parlements nationaux annexé au traité d'Amsterdam (1997). Tout en constituant un pas en avant sur le plan des principes, ce texte se limitait cependant à garantir aux parlements nationaux un délai de six semaines pour l'examen des textes européens, à officialiser l'existence de la COSAC et à préciser son rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;D. LE TOURNANT DE LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, à la fin des années 1990, le bilan de l'évolution engagée dix ans plus tôt pouvait paraître mitigé. Certes, le Parlement français n'était plus marginalisé comme auparavant. Mais sa capacité à construire une influence restait réduite, tant en raison de la portée restreinte du contrôle parlementaire sur le plan interne que des limites de la coopération interparlementaire sur le plan externe. Le malaise qui en résultait n'était cependant pas propre à la France, même s'il y était peut-être plus accusé. En effet, la « déclaration sur l'avenir de l'Union » qui accompagnait le traité de Nice (2000) précisait que « le rôle des parlements nationaux dans l'architecture européenne » serait l'un des quatre thèmes à traiter lors de la prochaine conférence intergouvernementale (CIG), dont le lancement était prévu pour 2004. La Convention sur l'avenir de l'Europe, convoquée par le Conseil européen de Laeken (2001) pour préparer cette CIG, fut donc amenée à traiter ce thème. Le résultat obtenu, après des débats difficiles, fut repris dans le traité établissant une Constitution pour l'Europe puis, après l'échec de la ratification de celui ci, dans le traité de Lisbonne, qui renforça d'ailleurs sur certains points le dispositif prévu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le texte issu de ce long processus apparaît très novateur en ce sens qu'il accorde un rôle propre aux parlements nationaux dans le fonctionnement même de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier aspect de ce rôle est de veiller au respect du principe de subsidiarité. Le mécanisme retenu comprend trois aspects :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; dans un délai de huit semaines à compter de la transmission d'un projet d'acte législatif, toute chambre d'un parlement national peut adresser aux institutions de l'Union un « avis motivé » exposant les raisons pour lesquelles elle estime que ce texte ne respecte pas le principe de subsidiarité. Les institutions de l'Union « tiennent compte » des avis motivés qui leur sont adressés. Lorsqu'un tiers des parlements nationaux ont adressé un avis motivé, le projet doit être réexaminé (pour les textes relatifs à la coopération policière et à la coopération judiciaire en matière pénale, ce seuil est abaissé à un quart). Pour l'application de cette règle, chaque parlement national dispose de deux voix ; dans un système bicaméral, chaque chambre dispose d'une voix ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; si un projet d'acte législatif est contesté à la majorité simple des voix attribuées aux parlements nationaux et si la Commission décide de le maintenir, le Conseil et le Parlement européen doivent se prononcer sur la compatibilité de ce projet avec le principe de subsidiarité ; si le Conseil (à la majorité de 55 % de ses membres) ou le Parlement (à la majorité simple) donne une réponse négative, le projet est écarté ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; après l'adoption d'un texte, la Cour de justice peut être saisie par un État membre d'un recours pour violation du principe de subsidiarité émanant d'un Parlement national ou d'une chambre de celui ci. Le recours est toujours formellement présenté par le Gouvernement d'un État membre, mais le protocole ouvre la possibilité qu'il soit simplement « transmis » par ce Gouvernement, l'auteur véritable du recours étant le Parlement national ou une chambre de celui ci. (Cette formule a été retenue par la France, qui a choisi la solution la plus favorable aux deux assemblées).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, les parlements nationaux sont associés à la mise en &#339;uvre des « clauses passerelles » qui permettent le passage de l'unanimité à la majorité qualifiée pour une décision du Conseil, ou le passage d'une procédure autre que la codécision entre le Parlement européen et le Conseil à la procédure de codécision. La décision de mettre en &#339;uvre une « clause passerelle » est prise par le Conseil européen à l'unanimité. Elle doit être approuvée par le Parlement européen. Toutefois, chaque Parlement national dispose, avant que la décision ne soit prise, d'un droit d'opposition. Dès lors que le Conseil européen a manifesté l'intention de recourir à une « clause passerelle », cette initiative est transmise aux parlements nationaux. Cette transmission ouvre un délai de six mois durant lequel tout parlement national peut s'opposer à la mise en &#339;uvre de la « clause passerelle ». Si, à l'expiration de ce délai, aucun parlement national n'a notifié son opposition, le Conseil européen peut statuer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, certaines dispositions du traité associent les parlements nationaux à la constitution de l'espace de liberté, de sécurité et de justice. Elles prévoient que « les parlements nationaux sont informés de la teneur et des résultats » de l'évaluation de la mise en &#339;uvre, par le autorités des États membres, des politiques de l'Union en matière d'espace de liberté, de sécurité et de justice et qu'ils « sont tenus informés des travaux » du comité permanent chargé de favoriser la coordination entre les autorités des États membres en matière de sécurité intérieure. Surtout, le nouveau traité précise que les parlements nationaux sont associés « à l'évaluation des activités d'Eurojust » et au « contrôle des activités d'Europol ». En outre, les parlements nationaux ont un droit d'opposition (analogue à celui prévu pour les « clauses-passerelles ») lorsque le Conseil détermine la liste des aspects du droit de la famille ayant une incidence transfrontalière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;E. L'EUROPE, SOURCE D'UN REEQUILIBRAGE DE LA VEME REPUBLIQUE ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par l'intermédiaire d'un traité, le Parlement français a ainsi obtenu des pouvoirs significatifs dont les conditions d'exercice vont à l'encontre de la tendance de la Vème République à l'encadrement strict par le Gouvernement des activités du Parlement. Ces nouveaux pouvoirs s'exercent en effet de manière autonome, dans un rapport direct avec les institutions de l'Union. (Un article de principe du traité de Lisbonne reconnaît d'ailleurs le rôle propre des parlements nationaux dans le « bon fonctionnement » de l'Union). Loin de se conjuguer avec les règles de la Vème République pour réduire le rôle du Parlement national, la construction européenne conduit désormais, de l'extérieur, à revaloriser ce rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De manière inattendue, la construction européenne conduit également à un certain rééquilibrage entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Les deux assemblées se trouvent placées à égalité pour l'exercice des pouvoirs attribués aux parlements nationaux par le traité de Lisbonne, comme elles le sont sur le plan interne pour la mise en &#339;uvre de l'article 88-4. De plus, la nécessité de réviser la Constitution pratiquement à chaque étape importante de la construction européenne - depuis 1958, six révisions constitutionnelles ont été directement liées à celle-ci - a rendu indirectement nécessaire l'accord du Sénat pour chacune de ces étapes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La construction européenne tend également de manière plus diffuse à encourager un rééquilibrage de la Vème République. Tout d'abord, il devient de plus en plus difficile au Gouvernement de légitimer un encadrement strict des pouvoirs du Parlement national sur le plan interne alors que, dans le cas des institutions européennes, il a peu à peu accepté que le Parlement européen exerce de manière autonome des pouvoirs considérables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, en favorisant les contacts interparlementaires, l'information réciproque et l'échange de bonnes pratiques, la construction européenne permet aux parlementaires français de constater la viabilité de systèmes politiques où le Parlement occupe une plus grande place que dans notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne paraît donc pas exagéré de conclure que la construction européenne a contribué à préparer les esprits à l'importante révision constitutionnelle actuellement en cours d'examen, dont l'objet principal est l'accroissement du rôle du Parlement dans le fonctionnement de la Vème République.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;dd&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hubert HAENEL&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-11T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

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		<title>Soyez les bienvenus sur mon site Internet !</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=17</link>
		<date>2008-06-05 20:00:00</date>
		<description>&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Allocution de M. Hubert HAENEL lors de la remise de la Croix de Commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne - Jeudi 5 juin 2008&lt;/h3&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur l'Ambassadeur, Excellence,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque vous m'avez annoncé que le Président de la République fédérale d'Allemagne, M. Horst KOHLER, m'avait conféré la Croix de Commandeur du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, ma surprise fut grande. Je me demandais aussitôt en moi-même quelle en était la raison. Qui avait pensé à moi pour cet honneur ? Par quel miracle de la Providence cette haute distinction m'était-elle décernée ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, c'est au président de la Commission des Affaires Européennes du Sénat, membre de la Première Convention présidée par Roman HERZOG, puis membre de la Convention chargée d'élaborer le traité constitutionnel que cette croix est remise. Mais pour moi, plus profondément, celui qui la reçoit est l'Alsacien-Mosellan, né en 1942 de parents germanophones nés allemands avant 1918, eux-mêmes nés de parents nés allemands après 1878. Un grand-père et une grand-mère ne s'exprimant qu'en allemand ou en dialecte, titulaires de l'Abitur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chacun aura compris que l'amitié franco-allemande est pour moi beaucoup plus qu'une belle idée, et qu'elle touche à mon identité personnelle et familiale et aux raisons les plus profondes de mon engagement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais j'ai déjà trop parlé de ma propre histoire, comme si la relation franco-allemande n'était importante que pour nous autres les Rhénans, pour qui elle relève d'un vécu presque quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La relation franco-allemande est bien autre chose qu'un voisinage retrouvé, son enjeu dépasse même les deux peuples concernés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est au fond l'affirmation d'une identité européenne qui est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car nos deux pays constituent le point de rencontre d'un grand nombre d'aspects différents, voire opposés, de l'identité européenne. Du côté de la France, les dimensions atlantique et méditerranéenne, l'influence latine et catholique, la tradition de l'État-nation centralisé ; du côté de l'Allemagne, le rayonnement au Nord et à l'Est, l'influence du protestantisme, le fédéralisme associé à une forte unité culturelle, la tradition du « capitalisme rhénan ». L'ensemble franco-allemand - on pourrait dire en terme cinématographique le « fondu enchaîné » franco-allemand - est ouvert sur tous les espaces maritimes européens, il touche à toutes les aires culturelles et linguistiques de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi un rapprochement des deux pays prend naturellement une dimension qui les dépasse, car il n'est possible que sur la base d'une synthèse de la diversité européenne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi, lorsque la relation franco-allemande s'intensifie, l'identité européenne se renforce, alors que dans le cas contraire, elle risque de se diluer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le Président Jacques Delors, pendant 10 ans vous avez été un bâtisseur d'Europe, un fondateur d'Europe parce que vous avez été le lien entre l'Allemagne et la France à travers la relation du Chancelier Helmut Kohl et du Président François Mitterrand.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son dernier livre intitulé Achever Clausewitz, le philosophe René Girard montre à quel point l'histoire des relations franco-allemandes depuis le XVIIIe siècle est révélatrice de ce qui meut les hommes et les sociétés humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant deux siècles, nos deux nations ont été, tour à tour, l'une pour l'autre, le rival à la fois détesté et envié, le modèle et l'obstacle ; et de cette rivalité mimétique sont nées les pires violences de l'Histoire, provoquant l'autodestruction de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne dépasserons complètement cette époque qu'en assumant, cette fois pour le bien, l'exemplarité qu'elle nous confère. Nous avons une responsabilité commune, qui va au delà (d'être capables) de la capacité de surmonter ensemble ce passé. Vous êtes un modèle, un exemple à suivre Cher Monsieur Finkbeiner, Cher Heiner.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, il y a deux suites possibles à la réconciliation franco allemande, désormais acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce que nous irons paisiblement vers une indifférence réciproque, comme l'évolution culturelle tend à le suggérer, vers un bon voisinage où l'on ne s'intéresse guère au voisin ? Est ce que chacun cultivera son propre jardin dans une Europe devenue une des banlieues cossues de la planète, et non plus un acteur de l'Histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ou bien au contraire l'Allemagne et la France choisiront elles la voie de relations plus étroites, essayeront elles ensemble de montrer le chemin, d'être le moteur d'une Europe rayonnant par la force de l'exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première issue, je le reconnais, peut paraître plus probable que la seconde. Mais pour ma part, reprenant une formule du Général de Gaulle, je ne me lasserai pas « de scruter la lueur de l'espérance ».&lt;/p&gt;</description>
		<author>Administrateur</author>
		<dc:date>2008-06-05T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Perspectives européennes et réforme interne »</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=175</link>
		<date>2008-06-04 18:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Je veux associer à ces félicitations, pour le concours qu'elles ont apporté à l'organisation de ce colloque, la Société de législation comparée et l'Association Henri Capitant des amis de la culture juridique française.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tant que président de la délégation du Sénat pour l'Union Européenne, je suis particulièrement heureux de conclure une matinée de travaux consacrés aux &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;avancées du droit européen des contrats&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne saurais le faire sans avoir, au préalable, souligner que le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;traité de Lisbonne&lt;/strong&gt; - dont nous espérons l'entrée en vigueur en 2009 - donnera de nouveaux instruments pour faciliter la mise en place de l'espace de liberté, de sécurité et de justice, en particulier pour ce qui concerne la coopération judiciaire en matière civile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette matinée vous aura permis de débattre sur l'élaboration d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;cadre commun de référence pour le droit des contrats&lt;/strong&gt; à partir des importants travaux menés par les universitaires et aussi des contributions des praticiens. Cet échange d'expériences me paraît essentiel pour concilier l'affirmation nécessaire de principes directeurs avec les besoins souvent et légitimement très concrets des « usagers » de la norme juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En guise de synthèse, je voudrais vous livrer quelques réflexions sur les grandes questions que pose cette problématique d'un droit européen des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1/ D'abord sur la finalité des travaux en cours au plan européen&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire une petit retour en arrière, je rappelle que la communication de la Commission européenne, présentée en 2003 et intitulée &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;« plan d'action pour un droit européen des contrats plus cohérent »&lt;/i&gt; comportait &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;trois volets&lt;/strong&gt; de mesures : les unes relatives à l'amélioration de l'acquis communautaire en matière droit de la consommation, les autres portant sur l'élaboration d'un cahier de clauses contractuelles types et, enfin, sur la définition d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;instrument optionnel&lt;/strong&gt; proposant un ensemble de règles que les parties à un contrat pourraient décider de rendre applicable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Force est néanmoins de constater que les réponses à la consultation réalisée sur ce plan d'action avaient été assez largement &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;défavorables&lt;/strong&gt; à un tel instrument dont l'utilité avait été mise en doute.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des travaux ont néanmoins été entrepris et confiés au groupe animé par &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;M. Christian VON BAR&lt;/strong&gt;, universitaire allemand, qui travaillait depuis déjà plusieurs années sur le projet très ambitieux d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;code civil européen&lt;/strong&gt;. Le deuxième rapport de ce groupe a été remis à la Commission au début 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dois dire que les Etats membres ont, à plusieurs reprises, clairement exprimé leur position sur le sens à donner à cette démarche. C'est ainsi que le Conseil européen, en novembre 2004, s'est prononcé en faveur d'une limitation des travaux à la réalisation d'une sorte de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;« boîte à outils »&lt;/strong&gt; à l'usage des contractants des Etats membres à l'exclusion de tout instrument normatif. Le conseil « compétitivité » a également exclu à plusieurs reprises l'hypothèse d'un code européen uniforme en matière contractuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le deuxième rapport de la Commission sur l'état d'avancement de ce « cadre commun de référence », présenté en juillet 2007, a ensuite fait état de la priorité accordée aux questions touchant le droit des contrats dans le domaine de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;consommation&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, peut-on préciser la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;finalité de cet exercice&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Pour cela, je crois qu'il faut d'abord constater qu'il n'existe pas de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;base juridique&lt;/strong&gt; dans les traités pour l'adoption d'un instrument législatif contraignant. Cette considération n'est pas mineure et permet de mieux cadrer l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut aussi se demander comment un tel instrument s'articulerait avec l'ordre juridique national mais aussi communautaire, par exemple avec le futur règlement « Rome I ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus profondément, il me semble que dans un tel domaine, plus encore que dans d'autres, il faut porter une extrême attention aux &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;traditions juridiques&lt;/strong&gt; des Etats membres qui se sont constituées au fil du temps et ont su s'adapter en permanence aux besoins sociaux. Que l'on songe simplement à des questions aussi essentielles pour les entreprises comme pour les citoyens que celles qui ont trait à la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;formation&lt;/strong&gt; et à la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;résolution&lt;/strong&gt; des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or ce n'est pas minorer leur portée que de constater que les travaux du groupe piloté par M. VON BAR ne reprennent pas les différentes traditions juridiques en &#339;uvre dans les Etats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ailleurs, nos amis allemands sont - je crois - eux-mêmes conscients que, quelle que soit leur qualité, ces travaux ne sont pas assez aboutis et ne reflètent pas la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;diversité des traditions juridiques&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est aussi pour cela que je veux saluer les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;importantes réflexions&lt;/strong&gt; qui ont été menés sur cette question par la Société de législation comparée et par l'Association Henri Capitant des amis de la culture juridique française. Elles ont toute deux adhéré au Réseau commun pour le droit européen des contrats financés par le 6è programme- cadre communautaire. Le travail considérable et de grande qualité qu'elles ont accompli ne peut qu'apporter une contribution éminente aux réflexions en cours au niveau européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'y vois une nouvelle preuve de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;force de la culture juridique française&lt;/strong&gt;, nourrie de l'expérience et des réflexions d'éminents spécialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble qu'il existe désormais un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;assez large consensus&lt;/strong&gt; au sein des Etats membres pour limiter le cadre commun de référence à un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;outil non contraignant&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour autant, il conservera toute son utilité &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;pour le législateur communautaire&lt;/strong&gt;. Celui-ci disposerait d'un &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;ensemble d'orientations&lt;/strong&gt; qu'il pourrait librement utiliser comme &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;source d'inspiration&lt;/strong&gt; pour bâtir les normes législatives. Le cadre commun de référence pourrait ainsi contribuer à &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;améliorer&lt;/strong&gt; la législation communautaire et à lui donner une &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;plus grande cohérence&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2/ Encore faut-il, à partir de là, clarifier ce que doit être le contenu du cadre commun de référence&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut évidemment envisager &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;plusieurs pistes&lt;/strong&gt;. L'une consisterait à dresser un inventaire des principes juridiques nationaux. L'autre aurait pour objet de consolider le droit des contrats tel qu'il a été défini jusqu'à présent en droit communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aurait-on alors vraiment progressé ? Je ne le crois pas, sauf à prendre en considération le travail de classement et de mise en ordre qui pourrait résulter de l'une ou l'autre de ces pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si l'on veut s'inscrire dans une démarche plus ambitieuse - et, partant, plus utile - je crois qu'il faut privilégier une &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;troisième piste&lt;/strong&gt; consistant à intégrer dans ce cadre commun de référence des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;définitions&lt;/strong&gt;, des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;principes généraux&lt;/strong&gt; et des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;règles types&lt;/strong&gt; en matière de droit des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour arriver à ce résultat, il serait essentiel de prendre en compte non seulement la législation communautaire dans le domaine du droit des contrats mais aussi les législations nationales et les traditions juridiques des Etats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est à cette condition que ce cadre commun de référence pourra être un instrument efficace de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mise en cohérence&lt;/strong&gt; tout en intégrant la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;diversité&lt;/strong&gt; qu'expriment en particulier les différentes cultures juridiques en &#339;uvre dans l'Union européenne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ce faire, il me paraît primordial d'utiliser les travaux du réseau de recherche mis en place par la Commission européenne mais aussi des autres recherches existantes dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je veux en particulier rappeler que le groupe composé par la Société de législation comparée et par l'Association Henri Capitant des amis de la culture juridique française, membre du réseau, a remis ses propres travaux qui ont porté sur tous les aspects du cadre commun de référence : la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;terminologie&lt;/strong&gt;, les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;principes&lt;/strong&gt; mais aussi des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;règles modèles&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je souhaite que cette importante contribution puisse s'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;intégrer dans le futur cadre commun de référence&lt;/strong&gt;. Je relève en particulier &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;l'analyse terminologique&lt;/strong&gt; effectuée par le groupe français qui est d'une très grande qualité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, je veux dire un mot sur la question du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;champ d'application&lt;/strong&gt; de ce cadre commun de référence. En fonction de la priorité qui a été accordée au droit de la consommation, on pourrait en principe envisager de le limiter au droit de la consommation ou d'exclure ce dernier d'un instrument qui concernerait le droit général des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ma part, il me semble qu'une exigence de cohérence doit conduire à privilégier une &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;solution englobante&lt;/strong&gt; consistant à traiter dans ce cadre commun de référence le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;droit général des contrats, y compris le droit de la consommation&lt;/strong&gt;. Il serait en effet difficile de dissocier celui-ci du droit général des contrats sans risquer de provoquer des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;incohérences&lt;/strong&gt; en définitive préjudiciables à la sécurité juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi conçu dans son champ d'application, le cadre commun de référence pourrait utilement couvrir &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;tous les aspects de la relation contractuelle&lt;/strong&gt;, depuis la phase précontractuelle jusqu'à l'exécution ou au défaut d'exécution. Il devrait aussi tenir compte de la révision de l'acquis communautaire en matière de protection des consommateurs qui est actuellement en cours.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour conclure, je voudrais vous faire part d'une conviction simple : l'Europe avance bien chaque fois qu'elle apporte des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;réponses concrètes&lt;/strong&gt; à des problèmes qui sont ressentis par les citoyens comme par les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tel doit le sens d'une démarche européenne en matière de droit des contrats. Pour cela, il faut être pragmatique. Il faut prendre en compte l'existant en s'appuyant en particulier sur les traditions juridiques des Etats membres, qui constituent une richesse inépuisable pour le projet européen, et sur l'ensemble des recherches qui ont été conduites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans ces conditions qu'il sera possible de déterminer les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;meilleurs outils&lt;/strong&gt; à destination des « usagers » du droit. A cet égard, la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;présidence française&lt;/strong&gt; de l'Union européenne, qui commencera dans quelques jours, me paraît présenter une opportunité majeure pour réaliser ces avancées pragmatiques que j'appelle de mes v&#339;ux pour le droit des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;conférence&lt;/strong&gt; organisée sous l'égide du ministère de la Justice au mois d'octobre offrira une nouvelle occasion pour progresser dans cette direction !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-04T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« La nécessité d'harmoniser les réponses étatiques : vers une politique européenne ? Un choix politique avant tout »</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=171</link>
		<date>2008-06-02 12:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Comme souvent malheureusement, ce sont les évènements qui dictent les solutions. Je prendrai l'exemple des Balkans. Quand nous avons eu le feu dans cette région au début des années 90, l'Europe n'avait pas les moyens de rétablir la paix dans une zone géographique pourtant européenne. Que se passerait-il si une situation comparable se représentait aujourd'hui ? L'Europe doit donc se doter des moyens d'agir quand des crises graves surgissent sur son sol !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le terrorisme, nous sommes confrontés à un défi du même ordre. Les attentats du 11 septembre 2001 puis ceux de Madrid et de Londres ont conduit les Etats membres à mettre en place des plans d'action au niveau européen. Face à cette menace diffuse, une réponse commune s'est imposée comme une évidence.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons aussi être très attentifs à l'attente de nos concitoyens. Pendant la campagne référendaire, les Français ont certes reproché à l'Europe d'en faire trop dans certains domaines. Mais ils nous ont aussi dit qu'elle n'en faisait pas assez dans d'autres. C'est le cas pour la lutte contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La présidence française de l'Union européenne, qui débutera dans quelques semaines, offre une opportunité majeure pour faire avancer la coopération dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La délégation pour l'Union européenne du Sénat, que je préside, a pour sa part fait de cette question une priorité. Les réflexions que je souhaite vous livrer sur l'harmonisation des réponses étatiques contre le terrorisme se nourrissent très largement de ses travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour être concret, je voudrais vous donner mon sentiment sur les actions engagées à ce jour et sur les perspectives qui sont devant nous pour renforcer la réponse européenne face à la menace terroriste.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I/ Le constat, tout d'abord&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyons clairs : si des progrès ont été accomplis, beaucoup reste à faire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A/ De nouveaux instruments normatifs ont été adoptés mais leur mise en place est souvent laborieuse&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A titre d'illustration, je prendrais deux exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;décision cadre&lt;/strong&gt; du 13 juin 2002 qui a permis une avancée incontestable en donnant une définition commune du terrorisme et en prévoyant des peines d'emprisonnement harmonisées. Auparavant, seuls les cinq « grands » pays de l'Union (la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie) et le Portugal disposaient d'une législation spécifique sur le terrorisme. La Commission européenne a récemment proposé de compléter ce dispositif pour prendre en compte la provocation publique à commettre une infraction terroriste ainsi que le recrutement et l'entraînement pour le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mandat d'arrêt européen&lt;/strong&gt;, adopté le même jour, a constitué un autre progrès appréciable. Ce nouvel instrument permet de surmonter les difficultés soulevées par la procédure d'extradition entre les Etats membres. Il s'agit, en effet, d'une procédure entièrement judiciarisée sans intervention du pouvoir politique ; les motifs de refus d'exécution sont limités et le contrôle de la double incrimination est supprimé pour une liste de 32 infractions ; l'exception au profit des nationaux ne joue plus ; la décision doit intervenir dans des délais stricts, inférieurs à 90 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, ces avancées ne doivent pas masquer les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;obstacles réels&lt;/strong&gt; que l'on rencontre dans la mise en place de ces instruments normatifs. D'abord, la séparation entre les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;trois piliers&lt;/i&gt; a constitué une source de complexité et un frein à une approche globale. Ensuite, la mise en &#339;uvre des textes normatifs dans les Etats membres s'est faite &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;avec lenteur&lt;/i&gt; et souvent de manière &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;déficiente&lt;/i&gt;. Ainsi, le second rapport d'évaluation établi en novembre 2007 par la Commission européenne relève que plusieurs Etats membres ont mal transposé les dispositions de la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;décision cadre&lt;/strong&gt; de 2002 relatives à la définition du terrorisme et à l'harmonisation des sanctions pénales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mise en place du &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mandat d'arrêt européen&lt;/strong&gt; a elle-même été réalisée &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;avec retard&lt;/i&gt; dans beaucoup d'Etats membres. En France, après une révision préalable de la Constitution, c'est un amendement du Sénat à la loi portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité qui a permis de transposer cet instrument. Le second rapport d'évaluation, que la Commission vient de réaliser, souligne la montée en charge de ce dispositif. Mais il relève aussi que les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;insuffisances&lt;/i&gt; relevées dans une précédente évaluation n'ont pas disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;B/ La coopération opérationnelle entre les services répressifs et judiciaires des États membres est un autre volet essentiel qui doit être approfondi&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette coopération existe. Elle a même été développée, à travers une mobilisation de l'ensemble des structures européennes. C'est surtout le renforcement de l'office européen de police Europol, la création de l'unité de coopération judiciaire Eurojust et la possibilité de mettre en place des équipes communes d'enquête qui méritent une mention particulière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ferais néanmoins trois observations :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#9679; La première, pour dire que face à la complexité de la lutte contre le terrorisme qui concerne les « trois piliers » avec les organismes et groupes de travail qui y concourent, une bonne coordination est un enjeu majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors des débats de la Convention qui a préparé le traité constituionnel, j'avais proposé d'instituer un « Monsieur Sécurité intérieure » pour renforcer la coordination, solution qui a été partiellement reprise, au lendemain des attentats de Madrid, avec la nomination d'un coordinateur européen de la lutte anti-terroriste. La délégation pour l'Union européenne du Sénat a récemment reçu le nouveau coordinateur M. de KERCHOVE qui a succédé à M. de VRIES. Il vient de faire des propositions pour dynamiser la lutte anti-terroriste en proposant seize objectifs à atteindre. Il a obtenu un accord politique du Conseil européen fin 2007 pour mettre en &#339;uvre ses propositions. Je souhaite le succès de sa mission qu'il aborde avec détermination et pragmatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#9679; En outre, le partage de l'information constitue un enjeu crucial. Des progrès incontestables ont été réalisés dans ce domaine notamment avec la mise en place de bases de données et la coopération organisée dans le cadre du traité de Prüm. Mais il est encore possible d'aller plus loin. Je pense en particulier aux interactions entre Europol et Eurojust. La police et la justice doivent progresser de concert dans la lutte contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#9679; Enfin, l'efficacité requiert un recours accru aux équipes communes d'enquête. Il faut mieux utiliser les dispositifs en vigueur, notamment en mobilisant Europol et en impliquant davantage Eurojust dans les équipes communes d'enquêtes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C/ La coopération avec les Etats tiers est aussi déterminante mais elle exige certaines garanties&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Union européenne a en particulier accru sa coopération en matière policière et judiciaire avec les États-Unis d'Amérique. Surtout, le 25 juin 2003, l'Union européenne et les États-Unis ont signé deux accords en matière de coopération judiciaire. L'entrée en vigueur de ces accords permettra d'intensifier l'entraide judiciaire et de faciliter l'exécution des demandes d'extradition.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus généralement, la lutte contre le terrorisme a constitué un nouveau volet de la politique étrangère. Il faut évidemment que cette dimension diplomatique soit prise en compte de manière systématique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais cette coopération suppose aussi d'avoir un régime adéquat de protection des données. Car il ne peut y avoir une action efficace contre le terrorisme si nous ne parvenons pas à concilier la sécurité et la protection des libertés fondamentales. Cette exigence répond aussi à l'attente légitime de nos concitoyens. A cet égard, l'accord PNR conclu entre l'Union européenne et les Etats-Unis a pu susciter de légitimes inquiétudes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme membre des deux conventions qui ont élaboré la Charte des droits fondamentaux, puis le projet de Constitution européenne, j'avais d'ailleurs mis en avant ces deux priorités qui sont en réalité indissociables : doter les juges et les policiers de moyens efficaces pour lutter contre la criminalité organisée mais aussi renforcer les droits et libertés des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trouver le bon équilibre entre sécurité et protection des droits fondamentaux sera, par exemple, au c&#339;ur des débats sur le projet de PNR européen qui, dans son principe, n'a pas soulevé d'objections de la part des Etats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;D/ Enfin, le terrorisme doit être pris en compte dans les autres politiques communes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des actions ont été engagées au niveau européen pour tarir les sources de financement du terrorisme. Par ailleurs, l'Union européenne a adopté une série de mesures pour renforcer la sécurité dans les transports. Je mentionnerai également le plan contre la radicalisation et le recrutement ainsi que le plan de protection des infrastructures critiques qui est en passe d'être finalisé. C'est évidemment une mobilisation de toutes les politiques communes qu'exige la lutte contre le terrorisme. La façon dont le Conseil a pu avancer rapidement sur la question très importante de la sécurité des explosifs, à la suite d'une communication de la Commission, me paraît bien illustrer ce qu'il est possible de faire quand existe une volonté commune.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II/ Quelles sont maintenant les perspectives ?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A/ Le traité de Lisbonne donne de nouveaux instruments pour renforcer la politique européenne de lutte contre le terrorisme&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A juste titre, le traité de Lisbonne prend soin de rappeler que l'Union respecte les fonctions essentielles de l'Etat, notamment celles qui ont pour objet d'assurer son intégrité territoriale, de maintenir l'ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale. Il souligne, en particulier que « la sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chaque Etat membre. » Mais il renforce aussi la coopération au niveau européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je rappelle d'abord qu'il prévoit une clause de solidarité entre les Etats membres. Elle jouera en particulier si un Etat membre est victime d'une attaque terroriste. L'Union mobilisera alors tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les Etats membres. Cette clause a été mise en &#339;uvre par anticipation après les attentats terroristes de Madrid de mars 2004. Elle suppose des procédures efficaces qui intègrent les différents enjeux notamment ceux liés à la protection civile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après l'échec du traité constitutionnel, le traité de Lisbonne reprend à son compte plusieurs autres avancées significatives qui seront très utiles pour renforcer la politique européenne de lutte contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense en particulier à la suppression des « piliers » et au passage de l'unanimité au vote à la majorité qualifiée au Conseil pour la quasi-totalité des matières relatives à l' « espace de liberté, de sécurité et de justice ». Cela permettra de surmonter le droit de veto d'un Etat et d'éviter de rabattre systématiquement les ambitions initiales pour parvenir à un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'avais par ailleurs insisté au sein du groupe de travail de la Convention sur la coopération opérationnelle et sur la création d'un véritable Parquet européen collégial.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité de Lisbonne élargit le champ de la coopération judiciaire en matière pénale, renforce les rôles d'Europol et d'Eurojust avec la possibilité de créer un Parquet européen à partir de ce dernier. Il prévoit aussi la mise en place progressive d'un « système intégré de gestion des frontières extérieures ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La valeur juridiquement contraignante reconnue à la Charte des droits fondamentaux témoigne par ailleurs que si l'Union doit être un espace de sécurité pour ses citoyens, elle entend dans le même temps demeurer un espace de liberté.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ajouterai que le traité de Lisbonne prévoit un meilleur contrôle de ces questions par le Parlement européen, par les Parlements nationaux et par la Cour de Justice. C'est très important pour veiller en permanence à l'efficacité de ces dispositifs mais aussi pour faciliter la recherche d'un équilibre entre les exigences de sécurité et la préservation des libertés individuelles. Les parlements nationaux seront en particulier associés au contrôle d'Europol et à l'évaluation d'Eurojust.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;B/ Des progrès seront nécessaires sur les aspects opérationnels&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis convaincu que la priorité doit être de promouvoir les coopérations souples entre les Etats membres sur les aspects opérationnels. C'est ce que permet ce qu'on appelle les coopérations renforcées.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'estime que c'est le meilleur moyen pour progresser de manière décisive dans le domaine de la sécurité et de la justice. Quand cela est possible, on doit les mettre en &#339;uvre dans le cadre des traités. Sinon il faut les développer en dehors des traités.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques Etats avancent ensemble avant d'être rejoints par les autres Etats membres. Les accords de Schengen ont montré tout l'intérêt du recours à ce mécanisme pour les questions de sécurité et de justice. Je mentionnerai également le traité de Prüm, signé en mai 2005 entre sept pays (Belgique, Allemagne, Espagne, France, Luxembourg, Pays Bas, Autriche), qui vise à renforcer la coopération policière transfrontalière et les échanges d'informations.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le domaine judiciaire, la France et l'Allemagne, rejointes par l'Espagne et la Belgique, ont réalisé l'interconnexion de leurs casiers judiciaires respectifs. La perspective d'une extension aux autres Etats membres est maintenant ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on appliquait cette méthode, des avancées importantes pourraient être obtenues de manière pragmatique dans d'autres domaines. Je pense par exemple au renforcement des pouvoirs reconnus aux équipes communes d'enquête et à la création d'une police européenne aux frontières, que la France avait proposée à ses partenaires il y a quelques années. La coopération renforcée pourrait contribuer à la création d'un véritable Parquet européen collégial, compétent pour lutter contre certaines formes graves de criminalité transnationale, en particulier les affaires de terrorisme. Il y aurait là un progrès évident pour l'efficacité des procédures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité de Lisbonne facilite la mise en &#339;uvre de ces coopérations renforcées dans le domaine de la sécurité et de la justice. Cest à mes yeux une avancée essentielle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme vous le voyez, la responsabilité éminente des Etats pour lutter contre le terrorisme peut et doit se combiner avec l'harmonisation et la coopération à l'échelle européenne. C'est une question de volonté mais qui est aussi directement guidée par la nécessité. C'est aussi une question de pratiques qui peu à peu s'enracinent parce qu'elles font la preuve de leur efficacité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allez de l'avant en Europe pour mieux assurer la sécurité de nos concitoyens tout en protégeant leurs libertés, tel est le défi que nous devons relever !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
		<author>Assistant parlementaire</author>
		<dc:date>2008-06-02T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Assistant parlementaire</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Quelles politiques communes pour l'Europe ? »</title>
		<link>http://www.huberthaenel.com/article.php3?id_article=172</link>
		<date>2008-05-27 18:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Monsieur le Président du Sénat, vous avez eu raison de dire que le risque permanent en Europe c'est de voir l'Europe s'éloigner du citoyen et vous avez eu raison d'insister sur le fait qu'en Europe il ne faut pas se donner des leçons les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le Vice Premier ministre, dans le même sens vous avez insisté sur le nécessaire contrôle de l'Union européenne et développé sans cesse le niveau de la « démocratie dans la prise de décisions ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Ministre français Jean-Pierre Jouyet a insisté sur le fait que le débat européen ne se limite pas au niveau des exécutifs mais rassemble et associe étroitement la société civile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le débat est toujours entre plus d'Europe et mieux d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour répondre à la question « quelles politiques communes pour l'Europe ? », il faut toujours avoir à l'esprit les questions suivantes et leurs réponses : qui sommes-nous nous les européens, d'où venons-nous, où allons-nous, pourquoi sommes-nous ensemble, pour quoi faire et comment le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question : « Quelles politiques communes pour l'Europe ? » est une des questions de base de la construction européenne. Il s'agit de dire ce que nous voulons faire ensemble, de préciser le sens du projet européen, de répondre à la question : « Où allons-nous ? ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En même temps, on pourrait se demander à quoi bon poser une telle question. La réponse n'est-elle pas dans les traités ? Car l'Union n'a qu'une compétence d'attribution. Ses compétences sont celles que lui donnent les traités. Or, nous sommes dans la phase de ratification d'un nouveau traité ; si tout se passe bien, si ce texte est approuvé dans tous les pays, nous n'aurons pas de nouveau traité d'ordre institutionnel avant longtemps : je crois que c'est le sentiment général.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait donc penser que la question : « Quelles politiques communes pour l'Europe ? » a déjà reçu sa réponse, qu'il suffit de lire les traités, revus et corrigés par le traité de Lisbonne, pour savoir à quoi s'en tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais nous savons tous que les choses ne sont pas si simples.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, les traités sont loin d'être clairs. Si l'on considère les objectifs assignés à l'Union, on constate qu'ils sont très larges et couvrent pratiquement tous les domaines. Mais si l'on considère les pouvoirs d'action qui sont reconnus à l'Union, on constate que ces pouvoirs d'action sont au contraire très encadrés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, pour mener une politique commune, il faut des moyens financiers. Là également, l'action de l'Union est très encadrée avec un plafond de ressources et une programmation pluriannuelle des dépenses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, quand on parle des politiques communes, la question du mode de décision ne peut être éludée. Avoir une politique commune, c'est gérer ensemble un domaine dans la durée, ce qui suppose de prendre d'assez nombreuses décisions. Lorsqu'il faut obtenir l'unanimité, les décisions peuvent être longues et difficiles à prendre, et le résultat est le plus souvent de portée réduite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, même lorsque toutes les conditions pour avoir une politique commune sont réunies, il reste à régler le point le plus délicat, qui est de savoir jusqu'où doit aller cette politique commune. C'est la question de la subsidiarité et de la proportionnalité, sur laquelle je serai amené à revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, même dans une période où l'on ne songe plus à bâtir un nouveau traité, la question : « Quelles politiques communes pour l'Union ? » s'avère une question complexe et sensible, une question qu'il faut bel et bien aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ma part, je l'aborderai en vous proposant d'abord un retour en arrière.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car cette question a été un des thèmes centraux de la Convention sur l'avenir de l'Europe. La Convention avait pour mission de refonder la construction européenne dans le contexte de l'« après guerre froide ». Elle était donc amenée à se poser la question de ce que les États membres voulaient faire ensemble : autrement dit, il fallait revoir, réexaminer le champ des politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce réexamen apparaissait également nécessaire dans un but de clarification. Un certain nombre de conventionnels, notamment les conventionnels allemands, critiquaient en effet le manque de clarté dans la répartition des compétences entre l'Union et les États membres et même les pouvoirs locaux. Ils constataient, chez les citoyens, le sentiment d'une Europe « touche à tout », d'un brouillage des compétences, l'impression qu'on ne savait plus « qui fait quoi ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il fallait donc à la fois réexaminer le domaine des politiques communes et clarifier la répartition des responsabilités.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clarification&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je commencerai par ce deuxième aspect, parce que la réponse peut être plus courte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sommes-nous parvenus à clarifier les responsabilités ? Un peu, mais le progrès reste limité. Des idées audacieuses ont été lancées, mais elles ont été rejetées par la Convention. Ce fut le cas de l'idée d'une liste négative de compétences, qui aurait clairement indiqué les domaines où l'Union ne doit pas intervenir. Ce fut le cas, également, de la proposition de supprimer l'actuel article 308 du Traité, qui permet à la Communauté d'intervenir, sous certaines conditions, dans des domaines pour lesquels elle n'a pas reçu de pouvoir d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, la Convention s'est bornée à classer les compétences de l'Union en trois catégories : les compétences exclusives, les compétences partagées et les compétences d'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les deux catégories extrêmes, on a une situation à peu près claire : les compétences exclusives - où seule l'Union peut agir - et les compétences d'appui - où l'Union intervient de manière limitée, sans pouvoir légiférer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le problème est que ces compétences sont peu nombreuses, dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel des compétences a été placé dans la catégorie des compétences partagées, où la situation peut constamment évoluer. Lorsque l'Union intervient, les États membres sont dessaisis pour la partie sur laquelle l'Union a légiféré, mais on peut revenir en arrière si l'Union change sa législation. Donc, finalement, pour la plupart des compétences, le partage des responsabilités peut changer à tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La clarification est donc restée très limitée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le réexamen&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le réexamen du champ des politiques communes a été beaucoup plus significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, il s'est fait dans un seul sens. Quelques conventionnels avaient demandé qu'on débatte des compétences qui pourraient être restituées aux États membres, mais cette idée n'a pas été retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, l'essentiel était d'adapter le champ et les modalités des politiques communes aux enjeux actuels de la construction européenne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur cet aspect, je crois que la Convention d'abord, puis les négociateurs du traité de Lisbonne, ont bien répondu à la question.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;• Le premier besoin auquel il fallait répondre, c'était le renforcement de la capacité d'action extérieure de l'Union. Dans le contexte de la globalisation et de l'avènement d'un monde multipolaire, il fallait que l'Union soit mieux à même de défendre ses intérêts et de promouvoir ses valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, c'est bien ce à quoi nous sommes parvenus. La capacité d'action extérieure de l'Europe va se trouver renforcée par plusieurs changements :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; l'élargissement des compétences de l'Union en matière de politique commerciale commune (qui devient une compétence exclusive de l'Union),&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; l'attribution à l'Union de la personnalité juridique,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; les nouveaux pouvoirs du Haut représentant de l'Union, qui pourra jouer sur tous les leviers de l'action extérieure, qu'ils relèvent du Conseil (politique extérieure, défense) ou de la Commission (politique commerciale, action humanitaire, aide au développement),&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; le service commun d'action extérieure,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; la présidence stable du Conseil européen,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; le renforcement de la politique commune de sécurité et de défense, avec l'élargissement des missions attribuées à l'Union, une clause de défense mutuelle, le lancement d'une « coopération structurée » pour accroître les capacités pouvant être mises en commun, la création d'une agence européenne d'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce qu'il aurait fallu, est-ce qu'on pouvait aller plus loin ? Je ne le crois pas. Il est clair que les pays membres ne sont pas prêts à ce qu'on prenne à la majorité qualifiée les grandes décisions en matière de politique étrangère et de défense. Nous l'avons bien vu lors de la crise irakienne, ou plus récemment pour la reconnaissance internationale du Kosovo, les États membres ne sont pas prêts à ce qu'un vote à la majorité leur impose de prendre une position dont ils ne voudraient pas. Au demeurant, est-ce que le renforcement de l'action extérieure de l'Union doit être conçu et apprécié à partir des critères traditionnels de la puissance, pour essayer de construire une « superpuissance européenne » ? Quoi qu'il en soit, je crois que la Convention, puis le traité de Lisbonne, sont allés aussi loin qu'il était possible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;• Une deuxième grande attente à laquelle il fallait répondre concernait la coopération judiciaire et policière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut répondre aux demandes légitimes des citoyens en matière de sécurité intérieure sans lutter plus efficacement contre une délinquance internationale qui se développe. Là également, d'abord la Convention puis les négociations du traité de Lisbonne ont apporté, me semble-t-il, une réponse de grande portée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité élargit le champ de la coopération judiciaire en matière civile comme en matière pénale, renforce les rôles d'Europol et d'Eurojust, et prévoit la mise en place progressive d'un « système intégré de gestion des frontières extérieures ». Le Conseil peut en outre, à l'unanimité, décider de mettre en place un Parquet européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parallèlement, la prise de décision se trouve considérablement facilitée, avec une large extension du vote à la majorité qualifiée, et, dans les cas où l'unanimité subsiste, un recours plus aisé aux coopérations renforcées. Dans ce domaine, les compétences de l'Union telles que définies par le traité de Lisbonne paraissent désormais globalement suffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;• Enfin, la troisième grande attente à laquelle il fallait répondre concernait la gouvernance économique et sociale de l'Union. Or, là aussi, le renforcement des compétences de l'Union, pourtant déjà très développées, apparaît tout à fait significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le traité de Lisbonne redéfinit les objectifs de l'Union. La « concurrence libre et non faussée » n'y figure plus, tandis qu'y figure désormais le devoir pour l'Union, dans ses relations avec le reste du monde, d'assurer la « protection » de ses citoyens. Mais il faut souligner que les objectifs redéfinis de l'Union comprennent de nombreux objectifs sociaux : plein emploi et progrès social, lutte contre l'exclusion sociale et les discriminations, promotion de la justice sociale et de la protection sociale, solidarité entre les générations, égalité hommes/femmes, protection des droits de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le trait donne valeur juridique à la Charte des droits fondamentaux (sauf pour la Grande-Bretagne) qui reconnaît de nombreux droits sociaux : droit à l'éducation, droit à l'information et à la consultation des travailleurs au sein de l'entreprise, protection en cas de licenciement injustifié, droit de négociations et d'actions collectives...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une clause sociale « horizontale », c'est-à-dire applicable à toutes les politiques de l'Union, est également insérée. Elle impose la prise en compte des « exigences liées à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion sociale ainsi qu'à un niveau d'éducation, de formation et de protection de la santé humaine », et cela dans la définition et dans la mise en &#339;uvre de l'ensemble des politiques de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, le traité contient des évolutions importantes concernant les services d'intérêt général. Désormais, il sera possible d'adopter une législation européenne définissant les principes et conditions, notamment économiques et financières, leur permettant d'accomplir leurs missions. Surtout, un protocole sur les services publics est annexé au traité. Il reconnaît très explicitement les exigences propres aux services publics, ce qui est très important sur le plan juridique. Jamais les traités européens n'étaient allés aussi loin dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres dispositions économiques et sociales doivent être mentionnées :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; l'attribution de nouvelles compétences à l'Union en matière de santé publique, d'espace, de recherche, d'énergie, de protection civile, de tourisme, de sport ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; la mise en place d'une organisation spécifique de la zone euro, qui permettra aux États membres dont la monnaie est l'euro de mieux coordonner leurs politiques économiques et budgétaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et là aussi, on voit mal comment aller plus loin. Bien sûr, il me paraît clair que l'Union a besoin d'une gouvernance économique et sociale mieux structurée, mieux coordonnée, davantage orientée dans le sens de la croissance, mais cela suppose avant tout plus de coopération entre les institutions ainsi qu'un effort accru de convergence de la part des États membres - et notamment de la France ! - beaucoup plus qu'une définition plus ambitieuse des politiques communes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, au total, il me semble que les travaux de la Convention, puis le traité de Lisbonne, ont donné une réponse suffisante à la question de l'étendue des compétences de l'Union, du champ des politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce à dire que tout est bien ? Certainement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours de la campagne du référendum en France sur le traité constitutionnel, j'ai animé près de 120 réunions en faveur du « oui ». Et j'ai remarqué que, dans les discussions, deux points revenaient sans cesse : sur certains sujets, l'Europe n'en fait pas assez ; sur d'autres, elle en fait trop.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sujets sur lesquels l'action de l'Europe était jugée insuffisante, ce sont ceux que je viens d'énumérer : action extérieure, sûreté intérieure, gouvernance économique et sociale. La réponse est donc, à mon avis, suffisamment apportée par le traité de Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il y a aussi les cas où les citoyens jugent que l'Europe en fait trop, c'est-à-dire ne respecte pas, ou pas suffisamment, les principes de subsidiarité et de proportionnalité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À cet égard, le traité de Lisbonne apporte des outils. Ces outils seront-ils suffisants ? Tout va reposer sur le nouveau type d'association qui est prévu pour les parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur rôle ne sera plus seulement de contrôler l'action européenne de leurs gouvernements. Ils interviendront dans le processus de décision européen lui-même, pour veiller à ce que l'Union n'intervienne qu'à bon escient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment va fonctionner ce contrôle ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; si un tiers des parlements nationaux jugent un texte contraire à la subsidiarité, la Commission européenne devra se réunir pour le réexaminer ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; si la moitié des parlements nationaux portent ce jugement, le Conseil et le Parlement européen seront saisis de la question, et si l'un ou l'autre donne raison aux parlements nationaux, le texte sera retiré ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; enfin, s'il subsiste une divergence d'appréciation à la fin du processus de décision, tout parlement national (dans le cas d'un pays bicaméral comme la France, chaque Chambre du Parlement) pourra saisir la Cour de justice de Luxembourg, après l'adoption du texte, pour lui demander d'arbitrer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nouvelle implication des parlements nationaux me paraît très importante, et cela pour trois raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.huberthaenel.com/puce.gif' alt='-' /&gt; tout d'abord, un meilleur respect du principe de subsidiarité ne peut que renforcer la légitimité de l'Union. Les citoyens admettent mal que l'Union, qui par définition est très éloignée du terrain, donne le sentiment de se mêler de tout et d'intervenir de manière trop tatillonne. Que l'Union s'en tienne aux domaines pour lesquels son intervention est indispensable, aux actions pour lesquelles elle est le bon échelon, et son action sera mieux comprise et mieux acceptée. Pourquoi l'Union a t elle réglementé les taux de TVA sur la coiffure ou sur la restauration ? Personne ne change d'État membre pour se faire coiffer ou aller au restaurant afin de bénéficier d'une TVA plus faible. Et pourquoi vouloir à tout prix conserver une législation communautaire sur la chasse, dans une Europe qui va de la Laponie à la Camargue ? Pourquoi réglementer depuis Bruxelles la qualité des eaux de baignade ? Si no